20.01.2012

Révoltez-vous !

 

Plus que jamais dans la campagne présidentielle courante, les conseils de Stéphane Hessel s’appliquent aux évènements à venir : révoltez-vous ! Il s’agit de refuser à la fois l’action libérale du gouvernement qui en plus d’être incohérente est inefficace , de refuser les schémas depuis longtemps obsolètes des socialistes, les propositions non viables du Front National, inacceptables et ne pouvant pas être mis en place.

 

 

 

La pensée unique sarkoziste

 

D’après l’UMP, il n’y aurait qu’une seule action possible, celle du président sortant, seul lui aurait la volonté, la force, la clairvoyance de mener à bien la République, de sortir le pays de l’ornière économique…En fait son bilan est fracassant, il s’est venté de réformer le capitalisme après la première crise économique on voit ce qu’il en est aujourd’hui quant aux rentabilités des banques, les primes des traders, il s’est vanté d’être force de proposition en Europe, on voit la France à la traine de l’Allemagne dans les sommets, et les projets tels que la taxe Tobin avortés avant même d’être discutés, il a été question de sauver le AAA, on sait tous ce qu’il en est, il n’est pas besoin de tirer sur une ambulance, les emplois à Gandrange ont bien sur été sauvés, on l’a vu également….Pas un des projets envisagés, pas une de ces promesses n’ont vu le jour…Dans cette optique la position d e l’UMP est désastreuse pour la France, puisque d’après eux, si rien ne marche, c’est la faute à l’Europe, à la crise mondialisée,…Il y a dans ce message comme une ritournelle de renoncement d’autant plus terrible à entendre pour les Français, qu’elle est fausse, qu’elle ne laisse aucun espoir,  et qu’elle ne permet pas d’avancer vers un mieux.

 

 

 

Un socialisme vieillissant.

 

Du côté des socialistes, là où la campagne interne laissait croire à une revitalisation du PS, l’émergence d’un parti enfin pacifié et unifié, et où cette primaire allait également faire naître la dynamique des idées, une nouvelle vision du monde…finalement tout çà a fait « pschitt » comme dirait l’autre. François Hollande a eu à se prononcer, sur le nucléaire, le financement de nouveaux  professeurs pour soutenir notre éducation nationale…et sur ces deux sujets il a du revenir plusieurs fois sur ses positions, ses lieutenants ayant également interférer avec son propre discours, au point qu’il se voit forcer de faire une mise au point de tout le monde…Le PS semble marqué de cette fatalité où tous les ténors cherchent à se démarquer entre eux, ce qui n’est pas un mal en soi, s’ils ne finissaient par s’opposer dans cette campagne, et ou aucune nouvelle idée n’apparait, rien de nouveau sous le soleil. Les responsables d’EELV a défaut d’être complètement pertinents ont cette vision du monde renouvelée, mais il n’est pas certain que leur relation avec les socialistes soient au beau fixe. Certains élus PS comme Montebourg n’hésitent pas à affirmer qu’ils sont prêts à remettre en cause les accords conclus entre appareils…En fait, de ce côté-ci de l’échiquier politique, rien ne semble pouvoir changer également, les luttes de pouvoir interne continuent à miner les campagnes électorales, et certains électeurs peuvent se demander s’il y a quoi que ce soit à en attendre.

 

 

 

L’illusion du vote Front National

 

La force du message du Front National est que lui n’hésite pas à toucher du doigt les faiblesses de notre société, à s’adresser aux « petits », chose que ne font pas les deux partis précédents, à proposer des solutions de gouvernance innovantes. Il ne s’agit pas de s’étendre sur le caractère exclusif et nationaliste de certaines des propositions du FN qui vont me semble-t’il à l’encontre même des valeurs de fraternité de la République, mais de s’intéresser à son projet économique. Mise à part le fait que son chiffrage semble pour le moins approximatif, il apparait comme irréalisable car globalement isolationniste. Il s’agit entre autre de revenir globalement au Franc, ce qui pourrait apparaitre comme alléchant au regard des déboires de l’Euro, mais complètement irresponsable quand on pense à l’explosion de la dette qui en résulterait, le financement des petits salaires est tout simplement impossible de manière unilatérale et volontaire telles que les proposent le FN par temps de crise, le retour à l’emplois d’une monnaie nationale ne serait envisageable qu si d’autres états décidaient d’en faire autant…Il ne faut pas s’y tromper, si le FN n’hésite pas à innover à l’opposé des deux autres partis, le remède pourrait être encore plus dangereux pour le malade, que la maladie elle-même.

 

 

 

La force de François Bayrou

 

Le message de François Bayrou est fait de rigueur de lucidité, de volonté d’aller de l’avant. S’il est parfaitement conscient que le modèle de notre société doit changer, qu’il est également conscient que la France ne pourra le faire seule de son côté ( il a été l’un des premiers en France à anticiper les méfaits des dettes nationales, financées par l’international, à rappeler le besoin d’une Europe forte à ce sujet ), ce modèle n’existe pas encore. Le fait est que les choses ne peuvent changer sur un claquement de doigt malgré tout ce que les populistes extrêmes voudraient nous faire croire. Il nous rappelle que la première étape de ce changement est la mobilisation et la révolte. La révolte comme affirmation du rejet des politiques proposées jusque là, des politiques irresponsables extrémistes, la mobilisation et l’union du peuple comme force retrouvée pour faire advenir cette nouvelle société. Il en appelle à un sursaut du peuple français dans son intégralité, en bon historien qu’il est le sait possible, traditionnel.

 

 

 

Christos Teknetzis

 

23.12.2011

Le Bruit et la Fureur

 

La campagne présidentielle bat désormais son plein. Entre les interventions de Claude Guéant, celle de Marine Le Pen, les seismes successifs de la crise européennes, le psychodrame Strauss-Kahn qu’on aurait tous aimé éviter, un sentiment de peur et de dégoût s’est installé parmi les Français. Il s’agit de la peur de l’avenir économique, du déclassement social, la peur de l’autre, la peur quasi physique de la violence armé : attentat islamistes, interventions armées…certains font tous pour que ce soit la peur qui s’exprime aux élections. D’autres, comme François Bayrou, se battent pour l’inverse. En fait plus que pour les autres élections, celle-ci est celle de la peur contre la raison

 

 

 

La violence de l’action sarkoziste

 

Le Président français appartient à cette espèce de gouvernants qu’on a vu fleurir en Europe ces dernières années, que ce soit les Poutines, Berlusconi, Sarkozy. Sous des formes différentes, ils ont installés un fonctionnement de la vie politique qui s’apparente au culte de la personnalité, la leur évidemment. Ils décident de tout, s’occupent de tout, occupent tous les espaces de la vie publique, y compris ceux qui n’étaient pas les leurs initialement. Il musèlent l’opinion par des arrestations arbitraires en Russie, voir des soupçons d’assassinat sur commande, par le rachat de toute la presse entre les mains des dirigeants en Italie, par un mélange de tous les points précédents en France (arrestation arbitraire d’un rédacteur en chef chez lui au petit matin, éviction d’humoristes des radios publiques, journalistes inféodés aux politiques, rédactions entre les mains des familles proches du pouvoir). Ils mêlent tout ces travers à un soupçon de populisme et de bravache : Berlusconi qui en vient à se vanter de ses exploits galants, Poutine et Sarkozy qui n’ont de cesse de se construire une image d’hommes forts prêts à braver tous les dangers. Ils n’hésitent pas à jouer sur les peurs, telles que le déclassement en Italie, le terrorisme  en Russie, l’immigration non contrôlée en France…Aussi extrême que soit le constat, aussi déstabilisant,  la méthode est clairement celle du fascisme. Sous peine d’efficacité et de « parler vrai » on n’hésite plus à faire voler en éclat  certaines des valeurs fondatrices de la République, et le plus inquiétant était jusque récemment en tout cas, que cette approche prenait forme, en témoigne la montée inéluctable du FN en France. Mais la crise est passée par là. Les marchés auront au moins comme intérêt de mettre ces dirigeants face à leur contradictions, leur incompétences diraient certains

 

 

 

La volonté absolue des marchés, la puissance de l’argent.

 

Le constat s’il est évident est saisissant de violence. Sous la pression des marchés relayés par certains dirigeants européens, Berlusconi a été évacué en quelques jours, chose que les italiens n’ont pas réussi en dix ans, Sarkozy vacille devant l’intransigeance allemande, et tremble devant Standard and Poors à l’idée de la perte du AAA. Les marchés semblent pouvoir agir partout comme bon leur semble, n’hésitant pas à détruire tout ce qui n’est pas suffisamment rentable à commencer  par les politiques qui pourtant ont cru bien les servir (l’homme du Fouquet’s, le capitaine d’industrie italien), des constructions politiques monumentales telles que l’Europe. A ce sujet pour être exhaustif, les européens n’ont que ce qu’ils méritent. Depuis des décennies maintenant, ils acceptent une Europe factice, non politique, non fédérale, qui ne protège de rien, qui ne conduit à rien, et qui est à deux doigts de voler en éclat à la première bourrasque venue. Cette Europe n’a servi qu’à créer un espace d’échanges financier et économique soit disant sain, et les citoyens européens se sont laissés avoir. Jusqu’au dernier référendum européen il est vrai. Le non français, parmi d’autre, piétiné par l’exécutif français, est un acte fondateur à plus d’un titre, et qui doit se retrouver à sa juste place au cœur de cette présidentielle.

 

 

 

 

 

 

 

La difformité du message de la Gauche

 

La Gauche est en devenir. Elle est tiraillée en son sein par des réactions de repli venant de ses extrêmes,  la réaffirmation quasi incantatoire, car vide de sens,  des valeurs de gauche qui pour être infiniment respectables ne sont plus adaptées, la tentation de la Social Démocratie voir du Social libéralisme à sa droite. L’Ecologie politique, quant à elle a le courage de nous mettre en garde face notre irresponsabilité quant à l’exploitation des ressources de notre planète, mais elle est visionnaire, donc inaudible et elle est servie par des porte-paroles à la communication décalée ou plus efficaces en combinatoire politique qu’en combat idéologique. La Gauche est en train de se délester de son corpus fondateur, mais cette transition n’est pas finie. Les revirements du candidat socialiste, au-delà de témoigner d’une faiblesse de caractère comme aimeraient nous le faire croire Sarkozy, sont emblématiques de cet état. Le candidat a conscience des problèmes que posent le nucléaire, mais il sait l’importance industrielle de cette filière pour notre économie, il aimerait embaucher 60000 enseignants mais il sait le poids de la crise, Il est conscient de l’efficacité de certains messages mais il ne peut pas aller à l’encontre de son aile gauche…Dans ces conditions, il faut espérer pour lui qu’il est vraiment l’homme de la synthèse. Quoi qu’il en soit, le message de la Gauche est inadapté aujourd’hui car celle-ci est en mutation. Donc incohérente, inaudible, non pertinente.

 

 

 

L’équilibre du Centre

 

Plus que jamais, devant les dangers de l’action Sarkoziste, des discours de Gauche, le message centriste, celui qui ose véritablement son indépendance,  apparait comme la seule alternative viable.

 

Ce message est fait d’un profond respect de l’homme, et d’un retour à toutes les valeurs qui peuvent réunir et réconcilier les français entre eux. Le président sortant n’eu de cesse que de fragmenter la société, de diviser les citoyens, de séparer les « Auvergnats », les Comoriens, les Roms, les chômeurs, de mettre à bat la justice …François Bayrou s’adresse au peuple français dans son ensemble, en rappelant ce qu’est la dignité de l’individu.

 

Ce message est fait de rigueur et de vérité. Les années à venir seront celles de la crise et de l’effort, il est irresponsable de promettre autre chose (embauche de 60000 fonctionnaires..). Malgré tout, il est possible de proposer un cap fédérateur de s’y tenir. Il doit s’appuyer à la fois sur la ré-industrialisation de la France, et une justice fiscale enfin retrouvée.

 

Pour finir, il faudra bien refonder l’Europe. Il faudra bien la rendre aux peuples, il faudra bien que le rêve d’une fédération européenne, tant voulue par les centristes, advienne. Les peuples en ont assez d’avoir à signer des chèques en blanc, de se voir opposer l’Europe comme épouvantail, de voir l’Europe comme un ensemble de sacrifices à faire, sans jamais en voir la contrepartie. Seul le centre, et plus particulièrement François Bayrou, qui de tout temps a mis l’Europe au cœur de son idéologie est sincère sur ce sujet, seul lui semble vouloir, et ce même avant la crise économique, d’une véritable Europe politique.

 

Pour finir, entre la violence des politiques Sarkozystes et la difformité des discours de Gauche, les positions de François Bayrou semblent être à la fois, les plus respectueuses de l’individu, mais aussi les plus réalistes et courageuses. Leur avènement, à l’occasion de cette campagne ne pourra se faire que si les français admettent la nécessité d’aller chercher ce discours au milieu du Bruit et de la Fureur dans lesquelles les autres candidats semblent s’être installés. La position est risquée, elle témoigne d’un courage certain.

 

12.03.2010

Le Roc

Pour les non-initiés et à supposer que je ne me suis pas trompé sur l’orthographe du mot, le roc est un terme aux echecs correspondant à une situation où le roi, exceptionnellement effectue un mouvement radical, censé être suffisamment subit pour s’extraire de l’attaque planifiée de l’adversaire et le déstabiliser, reprenant ainsi l’initiative conduisant parfois à la victoire. Je pense que c’est un schéma analogue que Bayrou va tenter de mettre en place et de consolider pour gagner l’élection présidentielle. Ceci étant posé, cette note vise à décortiquer cette mécanique pour l’évaluer, en faire un bilan quant à ses chances de succès, ses conséquences sur le vie du MoDem. Il s’agit ici d’une opinion personnelle, rien de plus et c’est avec une humilité certaine que je l’écrit .

Bayrou va tenter le Roc. Ainsi il n’a de cesse de communiquer sur sa volonté de fédérer un peuple, alors qu’en terme électoral il vise lui aussi le morcèlement de l’électorat, y compris celui des superpuissances actuelles à savoir le PS et L’UMP car globalement seul un morcèlement certain peut lui garantir l’accès au second tour des présidentielles…et il faut reconnaître que pour l’instant l’actualité semble lui donner raison. La droite d’abords. Dans cette logique, un Front National fort permet de récupérer une partie de l’électorat de Sarkozy, celui qui a été séduit par les discours dits sans concession, décomplexés, et si ce n’est ouvertement xénophobes, jouant allègrement sur les amalgames odieux. Les velleités récentes de mise en place d’un débat sur l’Identité nationale, la burqua, les minarets…participent de cette volonté de Sarkozy de récupérer cet électorat, mais au regard des intentions de vote, il semblerait au contraire que l’effet résultant a été la résurrection du FN, suite à une forme de déception de la politique sarkozyste sur certains sujets, les régionales pourraient entériner cette renaissance. S’il ne l’avouera jamais, je pense, que cette situation fait l’affaire de Bayrou, du PS et d’Europe Ecologie aussi, d’ailleurs.
Il y a le cas Villepin ensuite. Celui-ci se positionne comme le dernier Gaulliste actif à pouvoir porter efficacement ces valeurs, une alternative plus humaine à Sarkozy, véritablement à l’écoute des souffrances du peuple, et une alternative également au pouvoir présidentiel par trop bling-bling. Il se trouve donc que par bien des points il est proche de Bayrou. Les électorats de ces deux ténors sont proches par certains aspects et il se pourrait bien qu’au bout du bout l’un sert à rabattre sur l’autre ses voix. D’un certain point de vue, ils apparaissent un peu comme ces cyclistes du Tour de France, ayant effectués tous les deux une échappée et décidant de se relayer pour mener le train, en attendant le sprint final où là c’est chacun pour soi. A cet égard que Bayrou décide de donner une visibilité forte à Azouz Begag en en faisant une tête de liste pour les régionales n’est pas innocent. On connait ce dernier comme un soutien fort de Villepin, en le mettant en lumière tel qu’aujourd’hui, on crée une tête de pont vers le courant de Villepin, on aide celui-ci à se fortifier. Dans la même logique que pour le FN, un Villepin fort, affaiblirait Sarkozy, et la aussi, il s’agit sans doute du but recherché.
Il y a les socialistes ensuite. Même s’il est indéniable que Martine Aubry est en train de reprendre en main le parti avec une certaine efficacité et que Ségolène Royale se replie pour l’instant sur ses Régionales, je pense qu’il ne faut pas prendre pour argent comptant ces journalistes qui vous explique qu’elle est en train de s’essouffler pour de bon et que bientôt elle va disparaître du paysage politique. Pour mémoire je rappelle qu’ils décrivaient une situation strictement analogue pour les primaires du PS et que tout çà a finit au coude à coude avec Martine Aubry. Ca s’est joué à celle qui le plus bourré les urnes…c’est dire que les niveaux de vote devaient être proches…Je pense que la popularité de Ségolène Royale n’est pas entamée et qu’elle saura reprendre la main sur les débats quand il le faudra…En plus, je suis certain qu’elle ira à la présidentielle quoi qu’elle arrive, et dans ce sens le PS n’a pas fini d’être secoué de l’intérieur. Il ne faut pas oublier également que chez les socialistes, il y a les quadras, et que ceux-ci n’ont pas envie de se laisser enfermer dans un rôle de supplétifs pour les présidentielles tel que l’alliance Strauss-Kahn-Fabius-Aubry tente de mettre en place…et puis Hollande est en embuscade…Pour l’instant, la marmite est verrouillée jusqu’aux régionales, puisqu’il s’agit bien là de l’une des deux élections avec les municipales qui assure la vie du PS, mais dès cette élection passée, je pense que la cage aux fauves va s’ouvrir et ceux-ci ne manqueront pas de s’entredéchirer…Par ailleurs, un rapprochement du MoDem avec quelqu’un comme Vincent Peillon, ne manquera pas d’attiser ces discensions…
Il a Europe-Ecologie ensuite,…un mouvement si prometteur et si fragile en même temps. Fragile d’abords car si les Cohn-Bendit n’y prennent garde, EE risque fort de se faire noyauter par les verts, à tout moment, lesquels y voient une vitrine beaucoup plus sexy et efficace que leur mouvement un peu trop radical, un peu trop sectaire aussi,….Et puis il y a le fait que sa composition est pour le moins hétéroclyte. C’est clairement ce qui fait sa force aujourd’hui, montrant ainsi qu’il est capable d’agglomérer des talents différents, de les fédérer pour travailler ensemble…Pour l’instant çà marche, mais le temps va-t’il donner raison à cette construction, réussira-t’elle à conserver son unité sous la pression des partis extérieurs et de l’imminence de l’élection présidentielle. Ce mouvement aurait tout pour faire peur à Bayrou…s’il n’avait aucun présidentiable en son sein. Daniel Cohn-Bendit n’est pas intéressé selon ses propres dires, et je ne vois personne d’autre se porter candidat aux présidentielles au sein de EE, à moins d’un transfuge retentissant d’un socialiste célèbre ( une Ségolène qui aurait refusée de participer aux primaires socialistes…). Je ne crois pas par ailleurs que l’arrivée imminente ( supposée pour être parfaitement rigoureux ) d’une Corine Lepage y changerait quoi que ce soit. Malgré toute l’estime que j’ai pour elle, je ne suis pas du tout convaincu qu’elle est une présidentiable crédible…m’enfin sait-on jamais. Par contre EE, de fait prend ses voix au sein de l’électorat socialiste, plutôt du côté des centristes d’ailleurs et à la suite pourrait constituer un vivier intéressant pour Bayrou.
Les extrêmes gauches, de part leur nombre, favorisent également l’émiettement de l’électorat français. Malgré une attente réelle de la part des électeurs, ces partis ne s’adressent pas tous aux travailleurs ( voir la composition des adhérents du NPA : profs, étudiants…)…Seul un Mélanchon, avec sa démarche clairement parlementaire plutôt que révolutionnaire pourrait réussir à les fédérer…cependant, il a annoncé avant même le deuxième tour des régionales qu’il souhaitait se rapprocher des socialistes pour cette élection et ceci, les gens du NPA ne sont pas prêt à le laisser passer à mon sens.

Comme on le voit, le calcul présidentiel de Bayrou, si c’est bien celui-là, a une certaine vraissemblance. Bien évidemment il peut s’avérer complètement faux si Sarkozy étouffe Villepin, Martine Aubry défait les quadras et Ségolène Royal, si le FN meurt avant même de renaître ( luttes de succession…). Le premier constat de cette analyse, est que le MoDem ne pèse pas lourds dans ces considérations.

En effet, l’arrivée de Bayrou au pouvoir semble passer par les autres, par des mouvements en internes chez EE, les socialistes…S’il fallait reprendre l’analogie cycliste, je dirais qu'il s’est positionné dans le peloton de tête, et qu’il roule, mais ce n’est pas lui qui assure le train. A longueur de tribune télévisuelle il entretient son image d’opposant à Sarkozy, qu’il martèle quelle que soit l’échéance électorale…A son corps défendant, en ce moment les socialistes ne font pas mieux…Il agit comme s’il fallait conserver toute son énergie ( les mauvaises langues diraient y compris « financière »…), pour la grande bataille de 2012, sans prendre aucune initiative entre-temps ( atonie de la vie du MoDem…), sans même vouloir accroître son socle électoral propre, hérité aujourd’hui mais pour combien de temps encore de l’ancienne UDF. A ces yeux, le MoDem est perçu comme une machine électoraliste pure, un relais de communication qu’il faut structurer en petite armée, la plus efficace possible pour la présidentielle…Vous trouverez beaucoup de gens au Siège qui vont expliqueront qu’en 2007 avec très peu de moyens financiers et peu de militants on a été à deux doigts du hold-up suprême, et qu’il suffirait juste pour la prochaine fois d’à peine un peu plus de moyens pour y arriver. Dans cette optique, pour ce qui touche à la vie interne du MoDem et des militants, le discourt du « bon débarras » quand les militants quittent le MoDem en masse ne doit pas surprendre….la tête du MoDem se contente de militants à l’abnégation totale, sans nuance, sans discernement, pourvu qu’ils soient prêts à tracter, « boiter »,….Dans ce sens également, les listes électorales crées sur la base du copinage, ne doivent pas surprendre….Il ne s’agit pas ici, à chaque fois de faire le meilleur score, mais de remercier plutôt ceux qui s’alignent le plus rapidement….


Pour finir, malgré mes dernières remarques, je continue à croire en Bayrou comme étant un des seuls capables d’incarner, de porter les valeurs auxquelles je crois devant les Français. L’homme a des travers, ses calculs sont parfois mesquins mais même s’il ne s’agit pas d’une excuse, je dirais que tous les politiques en sont là ( je rappelle que nous devons l’émergence du FN à Miterrand, qui en son temps n’avait pas trouver mieux pour contrer la droite dite républicaine )…La politique autrement n’est pas pour aujourd’hui au MoDem, mais plutôt pour demain…Car comme a pu le dire Fotini, une de mes amies que les bloggeurs connaissent bien, la construction pleine du MoDem ne se fera qu’après les présidentielles, quel qu’en soit le résultat d’ailleurs…Personnellement, j’ai choisi d’attendre cet évènement